CENTRE D'ART ET DE CONSCIENCE ANCESTRALE
Une conception Ancestrale du monde.
Une pratique Celtique, Gauloise, parfois néo-chamanique, mais toujours universelle et locale.

Palabre

Une voie ancestrale et moderne.

Par Jean Claude Laurent ANQUETIL

La notion que j’entends développer par Ancestralité ne tourne pas autour d’un éventuel retour sur l’histoire ancestrale des civilisations passées, ni sur une étude historique, fine et scientifique, des sociétés « Premières » et traditionnelles. N’ayant aucune compétence dans ce domaine, je laisse aux archéologues, historiens et ethnologues le soin d’œuvrer pour nous par leurs études universitaires. Bien que les résultats de ces recherches soient essentiels pour comprendre qu’un autre point de vue sur le monde existe ou a existé, et que l’organisation d’une société peut être bien différente de la nôtre, différences et singularités  qui font semblent t’il, apparaître des constantes, chères au structuralisme, par exemple.

Dans ma conception, la notion d’ancestralité plonge au cœur du sujet, l’homme et son esprit, dans l’instant présent, ici et maintenant avec son fonctionnement ancestral et archaïque que j’ai pu, parfois, étudier sur moi-même, étant devenu  personnellement, au fil du temps, un peu plus archaïque et « ancestral », aujourd’hui, qu’hier. 
Donc, je peux vous dire, que malgré le développement de nos sociétés occidentales, le fonctionnement de l’esprit  conserve des mouvements intrinsèques, des forces et des facultés qui n’ont guère évolué depuis la préhistoire.
Suivant les notions de culture et de nature, si l’homme dans sa nature génétique n’évolue guère, sa culture, par contre s’accélère, de nouveaux paradigmes  s’ouvrent, brassés par l’avancée de l’histoire, la technologie et l’évolution matérielle sur la planète.

La possibilité renouvelée d’accès au monde du rêve fait retour vers notre nature profonde, celle d’être à la fois, un individu doué de faculté « imaginale* » et d’être également un animal de nature faisant partie du monde vivant.




Ancestral mais pas rétrograde !

Porter son regard, sur  la culture, la sagesse, la spiritualité, les pratiques sociales élaborées par les peuples premiers n’est pas forcement faire un retour nostalgique vers un monde disparu.
Revivre le passé, faire retour vers une période antérieure de l’histoire est impossible, l’histoire ne repasse pas les plats, notre monde, même en intégrant un jour la sagesse ancestrale ne sera pas plus l’âge d’or de l’équilibre naturel des peuples premiers.
Faire l’impasse sur le présent, l’évolution des mentalités et des techniques de ces deux derniers siècles serait absurde,  mais comparer, évaluer ces civilisations avec la notre, en termes de qualité de vie, qualité d’existence à vivre ensemble est me semble t’il, très raisonnable pour l’avenir.
Et j’ai parfois l’intuition que selon la loi très ancienne de « l’éternel retour », il se pourrait qu’une certaine forme archétypale de l’architecture sociale de cette sagesse ré-émerge demain sous une forme nouvelle et surprenante.

 

SENTIER

Les civilisations traditionnelles avant la colonisation occidentale planétaire, vivaient en symbiose avec des  territoires naturels. La nature leur donnait tout : nourriture, habitat, mythes et  spiritualité.
La conquête coloniale brutale par l’homme blanc aidé rapidement par des supplétifs locaux soumis à l’esprit occidental a entraîné la destruction d’espaces naturels sur lesquels vivaient depuis l’aube de l’humanité les peuples premiers.
Destruction, prédation entraînant dans la mort et la destruction, la nature et ses habitants, les prétendus sauvages.
(Malgré une arrivée sur la scène politique des amérindiens qui font aujourd’hui preuve d’une formidable vitalité sur tout le continent américain, par exemple.) 
A la racine, pour les peuples autochtones sur la planète, le ravage a été presque total, il en reste bien peu qui ont gardé authentiquement leur unité traditionnelle.
Réduits à l’extrême limite de la décomposition spirituelle, ils survivent en attente d’une fin culturelle programmée par l’assimilation de leur société dans le bain de la néo-modernité ultra libérale. 

 

Avec la disparition de ces peuples, s’efface une conception du monde extrêmement élaborée, qui a fait dire à Claude Lévy STRAUSS que ces civilisations premières possédaient  en leur sein des intellectuels et une pensée aussi raffinée que la notre.
La pensée occidentale pétrie de certitude quant à son modèle soi disant humaniste de droit divin, issu des civilisations du livre, perçoit tout ce qui n’est pas elle comme inférieur ou ennemi et a bien peu assimilé des civilisations qu’elle a détruites.
La prétention et l’arrogance irrationnelle de cette pensée d’occident est « sans fin », elle prétend à la maîtrise technique de la nature, mais ne fait que la ruiner. Elle prétend apporter grâce à ses différents avatars de modèles sociaux, l’égalité, le bonheur, (qu’il soit capitaliste, socialiste ou communiste), mais laisse des milliards d’hommes sur la planète dans la misère, la guerre et la pauvreté.
La pensée occidentale place l’homme au-dessus de tout comme  maître et possesseur de son environnement, tout ce qui n’est pas lui est réduit à l’état de chose,  matière première de sa croissance et de son appétit de pouvoir.   
A contrario  pour les peuples traditionnels  l’être humain est  nature,  ne percevant pas de différence  entre eux et l’univers, ceux-ci se considèrent comme faisant partie d’un   grand tout cosmique.
La nature pour ces peuples est remplie d’énergie et de magie, les manifestations des êtres et des choses sont des esprits. Dans leur conception du monde, tout est sacré.
Détruire le vivant c’est détruire des consciences, briser des âmes, défaire la relation qui unit corps et esprit. Un arbre, un animal, une roche, sont des entités dotées d’une conscience psychique auxquels on doit le respect. Conception bien difficile à comprendre pour nos mentalités d’aujourd’hui !
Pour « l’homme sauvage », vivre, c’est être en relation avec les autres, des Autres qu’ils perçoivent bien au-delà de la communauté humaine, du clan.
L’homme premier a une grande lucidité dans l’acte de manger; dévorer c’est mettre à mort, la mort c’est aussi  la vie, car pour vivre chaque être dévore, mange, donc fait mourir, les civilisations premières ont une grande conscience de cela.
Tout être vivant est un dévorant sacrificateur lui-même un jour ou l’autre  sera dévoré par d’autres entités ne serait-ce que par les vers, les bactéries, le feu, qui recycleront nos cadavres.
L’âme de l’animal tué doit être prise en compte et respectée pour ne pas créer un conflit avec le peuple de la bête sacrifiée et son esprit gardien.
Par des coutumes et des rituels de chasse, il s’agit de maintenir l’équilibre du monde des esprits. Ne pas chasser pour chasser, ne pas dépasser la mesure de sa faim telle est la règle ancestrale.
Chez les sociétés « primitives », respecter l’esprit du groupe animal c’est aussi respecter le groupe d’hommes du clan qui à choisi cet animal comme totem protecteur.
Cette pensée ne permet pas, comme chez nous,  l’envahissement sans limite de la cruauté exercée envers les animaux.
La fusion spirituelle animique homme-animal est tellement intense dans les peuples de la tradition primordiale qu’il ne viendrait pas à l’esprit du chasseur indien de tuer plus  qu’il ne faut par peur de rompre l’équilibre des esprits de la nature.

 

Car dans cette tradition, c’est la fusion qui est recherchée, l’incorporation de l’esprit dans le corps d’un animal, devenir un jaguar, devenir un aigle, une fourmi, une araignée, un arbre, une plante. Faire l’expérience avec une volonté  intense de l’Autre, non pas avec l’intellect mais avec le sentiment de l’âme et du cœur. Cette pratique d’habiter ou d’être envahie en symbiose avec le corps de l’autre est une expérience fulgurante qui marque un homme pour toute sa vie. Celui qui à vécu cette fusion amimique ne voit plus l’univers qui l’entoure comme avant. 
Mais pour cela, il faut des conditions, des moteurs puissants : Une culture, la  connaissance du désir, du rêve, de la poésie,  l’initiation aux connexions mystérieuses du vivant.

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 Vivre en assimilant, en fusionnant à l’autre, en l’intégrant à son cercle de vie c’est là l’attitude des sociétés  premières, les premiers découvreurs européens de l’Amérique en firent l’expérience. Ils furent bien accueillis par les Indiens qui les acceptèrent dans leur cercle, leur offrant la nourriture et partager leurs femmes.
Jusqu’au jour où ils s’aperçurent que la mentalité du blanc avec sa supériorité hautaine et sa certitude aveugle de son droit divin à dominer, niait la réciprocité de relation et de l’échange.
Aujourd’hui qu’en est t’il, pourrons-nous continuer à vivre en prédateur du vivant, en dévoreur de monde, en sacrificateur de tout ce qui n’est  pas la normative pensée unique  matérialiste occidentale ?
Je considère que la posture symbolique ancestrale des peuples premiers a vouloir placer la vie au centre de l’univers et non l’homme comme  patron propriétaire des être et des choses est une vertu universelle salutaire qu’il faut retrouver.
Ce bio centrisme qui place le vivant au centre de la dynamique culturelle et spirituelle  des sociétés est un facteur immense pour le respect de la nature, des êtres vivants : Hommes, « frères » animaux et « sœurs » plantes.

Dans ce sens l’Ancestralité Primordiale n’est pas rétrograde mais répond à une problématique extrêmement contemporaine. 

 

Au final,  il n'y a rien à faire,
         la nature, qui est en nous, nous donne tout !


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