CENTRE D'ART ET DE CONSCIENCE ANCESTRALE
Une conception Ancestrale du monde.
Une pratique celtique, néo-chamanique, universelle et locale.

arbe sacré

L'ancestralité et la poésie.

Par Jean Claude Laurent ANQUETIL

 Dans l’univers les tendances sont bipolaires: Le beau, le laid, le sombre le clair, le lourd le léger, le chaud le froid, n’échappent pas à ces apparentes contradictions..! Il en est de même pour le langage. La poésie en est une expression. Une autre est la prose. Elles en représentent l'essentiel de ses formes. Si la prose est utilisée couramment  pour l’expression pratique et la communication, la poésie elle, déstructure ses codes usuels pour faire se  combiner des liaisons étranges, imaginatives, créatives et surprenantes entre des mots, des concepts et des objets qui n’auraient, à priori, pas de rapports entre eux ! (Voir le petit livre d’Edgar Morin,  « Amour, poésie, sagesse" .)
La poésie est essentiellement création, pour élaborer à partir du verbe  des propositions sémantiques et conceptuelles nouvelles.
Cette combinaison inattendue, hors des conventions, provoque chez tout être sensible une réaction émotionnelle, des  conflits de logique sémiologique et cognitive qui le conduit à se dégager d'une pensée normative pour s'ouvrir à une nouvelle forme d'expression. Prose et poésie ne peuvent être habituellement dissociées, hormis la volonté d’écrire de la Poésie. Dans la plupart des cas, nous passons d’un genre à un autre de façon naturelle. Par exemple, certain roman  pourtant écrit entièrement en prose se révèle être dans le fond, extrêmement poétique!
La poésie sort le langage du code des représentations usuelles pour faire émerger la communication vers l’inconnu.
La poésie ouvre, au travers du langage conventionnel  une porte, vers d’autres " lectures" du monde.
Ce changement de plan, du prosaïque  au poétique, est semblable à la dynamique du vivant dans l’univers : Pour évoluer, s’adapter, il faut muter d’une forme connue  vers un état nouveau! . Cet instant de changement c’est la création!

 L’Art, ce mouvement primordial intimement lié à l’homme depuis les cavernes préhistoriques, génère, dans sa nature, la culture !

Cette expérience de la poésie absolue nous la faisons aussi chaque nuit quand nous dormons, quand nous rêvons !

 

Tous les grands textes fondateurs ou mystiques sont portés par la poésie, car elle seule peut décrire une réalité intérieure qui n’est pas de nature ordinaire et banale.





Rêve et poésie

Si nous sommes attentifs à nos rêves nocturnes nous pouvons observer deux types de sensations. Le premier type se caractérise comme une ré-interprétation de ce que nous avons vécu dans la journée de veille et un second type de rêves,  plus étrange et inattendu, nous parvient de loin, comme venu d’ailleurs !
Au réveil nous chassons de notre esprit ou négligeons de retenir ces curieux songes. Reprenant le rassurant train-train des pensées de la vie  quotidienne, existence de tous les jours que nous que nous nommons  souvent pour nous rassurer  « réalité » !

 

Mais  le rêve n’est t’il  pas aussi une « réalité » vécue ?

 

Pour beaucoup  gens cet « ailleurs » étrange perçu dans nos songes est au réveil classé, rangé sous la rubrique « sans grand intérêt »  généralement  circonscrite au domaine de « l’inconscient » plus consensuel et normatif.
Notion « fourre-tout » vulgarisée sous une forme bien éloignée de la complexité quelle  recouvre.
 Pour une certaine psychanalyse freudienne, "le rêve réalise uniquement des désirs sexuels refoulés". Pendant des siècles, le rêve a été considéré par les médecins comme un phénomène incohérent sans aucun intérêt pratique. Pour la psychiatrie, le rêve est un symptôme  souvent morbide, il fait partie du domaine des psychoses.
Heureusement aujourd'hui la neurologie montre que le sommeil paradoxal et le rêve forment une fonction physiologique à part entière qui fait partie de l’adaptation de la psyché du sujet à la réalité.
Si nous sortons du cantonnement qu’offre une vision psychanalytique étroite nous pouvons revenir à un champ extrêmement large de la perception onirique poétique.

curiosité végétale

Escalier dans la roche

Pour la tradition première, c’est à travers le rêve que s’exprime notre personnalité profonde et les rapports qu’elle entretient avec un cosmos de forces et d’êtres allégoriques dépassant notre petite personnalité.
 Pour celle-ci, le monde du rêve est l’un des pôles d’une bipolarité constituée par ailleurs du monde  physique de la matière que les sages de l’Inde nomment le monde de la manifestation.
Si le monde du rêve est le territoire, l’état de l’absolue créativité indifférenciée sans limite matérielle, le monde de la manifestation est le lieu de l’incarnation, fractionné en de multiples et d’infinies identités.

 

« Rêver, c’est agir » disent les shamans. Le rêve est agissant, il est le désir avant l’action dans la matière ! Si le rêve change, l’action dans le monde change !

 

Mais cette évidence fait peur, dans notre civilisation occidentale, l'interprétation des rêves a été interdite dès les premiers siècles de l'ère chrétienne par l'église catholique. Au moyen-âge, cette interdiction était imposée avec violence par l'inquisition. L'étude des rêves était assimilée aux pratiques divinatoires comme le tarot ou l'astrologie. Elle est restée interdite jusqu'en 1992 par l'article R. 34 du Code Napoléon, l'ancien code pénal.
Depuis 1992, le nouveau Code Pénal n'interdit plus l'analyse des rêves.

 

Pourquoi cette peur ?
Le voyage, la focalisation sur la singularité fulgurante des rêves ne s’opposeraient-ils pas au marquage social  imposé par les groupes dominants ?
Ne  seraient-ils pas l’arme pacifique absolue de dissolution de la pensée unique normative ?
Dans le sens ou, nos rêves sont comme nous : uniques !
Nul autre que nous ne peut vivre ce que nous avons vécu, perçu par nos yeux et nos oreilles.

Même si le rêve est une adaptation de la psyché à la réalité cette adaptation se fait dans un lieu d’une absolue créativité sans limitation matérielle.

 

 Si nos  petites idées personnelles sur le monde, sont loin d’être originales a contrario les rêves qui émergent du plus profond de nous sont totalement singuliers.
 

Qui dit singulier dit original, qui dit original dit créatif, qui dit créatif dit : être autonome.

L’autonomie de l’être, culturel, politique ou spirituel fait peur aux maîtres dominants qui surfent sur la contrainte, sur l’ignorance et l’hypnose du prêt à penser dans lesquelles ils souhaitent maintenir autrui ( les masses).

Les rêves dans la tradition sont associés à la puissance créative.

(Qui ne s'est jamais endormi avec un problème, pour s'apercevoir au matin qu'il avait comme miraculeusement trouvé la solution ?)

Nous pouvons retrouver les voies du monde du rêve qui nous conduisent vers le pays qu’Henry Corbin appelait le monde imaginal, « le pays du Non Où » espace sensible de la plus haute spiritualité et de la plus grande créativité en sagesse.

 

C’est l’ouverture vers ces voies que propose l’Ancestralité !

 


Au final,  il n'y a rien à faire,
         la nature, qui est en nous, nous donne tout !


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